Un sous-locataire occupe votre logement après le départ du locataire : que faire ?

Le sous-locataire ne tient ses droits que du locataire. Une fois le bail principal terminé, il n'a plus aucun titre face à vous, que la sous-location ait été autorisée ou non. Il n'est pas pour autant un squatteur : son départ passe par un jugement d'expulsion. Pendant ce temps, le logement peut être vendu, la situation étant exposée à l'acquéreur.

Le locataire avait-il le droit de sous-louer ?

En principe non, sauf accord écrit. L'article 8 de la loi du 6 juillet 1989 impose l'autorisation écrite du propriétaire, qui doit aussi porter sur le montant demandé au sous-locataire. Ce loyer, rapporté au mètre carré, ne peut dépasser celui du bail principal. Proposer le logement à des voyageurs sur une plateforme de location touristique relève des mêmes règles : c'est une sous-location.

Sans autorisation, vous pouvez demander au juge de résilier le bail du locataire. Celui-ci peut aussi être condamné à vous reverser les sommes encaissées auprès des sous-locataires, voire à vous verser des dommages et intérêts. Conservez toutes les preuves : captures d'annonces, messages, témoignages de voisins, constat d'un commissaire de justice. Elles serviront devant le juge, puis auprès d'un éventuel acquéreur, qui voudra comprendre l'origine de l'occupation et la solidité de votre dossier.

L'occupant peut-il vous opposer un droit ?

Pas une fois le bail principal terminé. Le sous-locataire tient son titre du seul locataire : si ce bail prend fin, par congé, résiliation ou départ, son droit d'occuper disparaît avec lui. Seuls les logements encore soumis à la loi de 1948 font exception, le sous-locataire pouvant alors bénéficier du maintien dans les lieux.

Pour autant, la procédure administrative rapide prévue contre les squats ne s'applique pas en principe : l'occupant est entré avec l'accord du locataire, sans effraction. Il faut donc obtenir un jugement d'expulsion. D'ici là, n'intervenez pas vous-même, même face à une personne que vous n'avez jamais acceptée : changer les serrures ou vider le logement sans décision de justice est un délit. Votre position dans la procédure en serait durablement affaiblie. Laissez le juge, puis le commissaire de justice, conduire chaque étape.

Quelles étapes avant de récupérer le logement ?

Il faut d'abord faire constater la fin du bail principal, ou en obtenir la résiliation, puis assigner l'occupant pour que le juge ordonne son expulsion. Suivent le commandement de quitter les lieux, le délai de deux mois qu'il ouvre en principe, et les éventuels délais de grâce, d'un mois à un an, que le juge peut accorder. Comptez donc plusieurs mois.

Entre le 1er novembre et le 31 mars, la trêve hivernale suspend l'exécution, sauf si le relogement est assuré ou si l'occupant est entré par voie de fait. N'oubliez pas le locataire principal : il reste tenu de ses obligations jusqu'à la fin de son bail. Demandez dans la même instance sa condamnation au paiement des loyers et à la réparation de votre préjudice, pour ne pas multiplier les procès.

Le logement peut-il être vendu avant la fin de la procédure ?

Oui, à condition que la promesse et l'acte décrivent précisément l'occupation et l'état de la procédure. Un acquéreur particulier renonce presque toujours : il ne peut pas visiter librement, ignore quand il pourra entrer, et sa banque hésite à financer.

Un acquéreur professionnel peut en revanche poursuivre la procédure à son compte. Les sommes dues par l'ancien locataire avant la vente restent en principe votre créance, sauf clause contraire. Si l'occupant est entré sans l'accord de quiconque, la situation relève d'un autre régime, présenté dans notre guide sur la vente d'un logement squatté.

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Questions fréquentes

Le sous-locataire peut-il obtenir un bail auprès de vous ?

Il peut vous le demander, sans que vous soyez tenu d'accepter. Attention en revanche aux paiements : encaisser directement des sommes versées par l'occupant risque de faire naître un bail. Ne recevez rien de sa part sans avis juridique.

Pourquoi ne pas saisir le préfet comme pour un squat ?

Parce que cette procédure vise en principe les personnes entrées par effraction ou par manœuvre. Ici, l'occupant a été installé par le locataire : c'est la voie judiciaire qui s'applique. L'ADIL ou un avocat confirmera selon les circonstances de l'entrée.

Le locataire principal doit-il répondre de la situation ?

Oui. Jusqu'à la fin de son bail, il répond du logement et des personnes qu'il y a fait entrer. Il peut être condamné à payer les loyers, à reverser les sommes perçues des sous-locataires et à réparer les dégradations.

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Information générale, pas un conseil juridique. Ce guide présente des règles générales à la date indiquée ; il ne constitue ni une consultation juridique, ni un conseil fiscal ou financier, et ne tient pas compte de votre situation particulière. Les textes et leur interprétation peuvent évoluer. Avant toute décision, consultez un notaire, un avocat ou l'ADIL de votre département. PATHFINDER STUDIO (FAMILY), SAS est un acheteur immobilier, non un professionnel du droit, et décline toute responsabilité quant à l'usage fait de ces informations.

Rédigé par l'équipe de Vendez Tranquille, marchand de biens en Île-de-France. Dernière mise à jour : .

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