Maison de succession occupée par un proche du défunt : comment débloquer la vente ?
Cela dépend de son lien avec le défunt. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS peuvent rester au moins un an après le décès. Les autres proches hébergés sans bail n'ont en principe pas de droit propre : si le défunt leur prêtait le logement, les héritiers peuvent y mettre fin avec un préavis raisonnable. Sans départ volontaire, seul un jugement permet l'expulsion.
Qui a le droit de rester après le décès ?
Le conjoint survivant dispose d'un droit de jouissance gratuite d'un an sur le logement qui était sa résidence principale, puis, s'il le demande, d'un droit viager. Le partenaire de PACS peut y demeurer un an, sauf testament contraire. Ces situations découlent de la loi et ne se contestent pas.
Il en va autrement du concubin lorsque le défunt était seul propriétaire : selon l'administration, les héritiers peuvent exiger son départ, sauf si un testament lui a laissé l'usufruit. La même logique vaut pour un enfant majeur non héritier, un ami ou un parent éloigné que le défunt hébergeait. Un enfant héritier, en revanche, est copropriétaire indivis : sa présence relève des règles de l'indivision, traitées dans notre guide sur la maison héritée en indivision. Commencez donc par établir à quel titre la personne occupe la maison.
L'hébergement reposait-il sur un prêt du défunt ?
Un logement occupé gratuitement relève souvent du prêt à usage, appelé commodat. L'article 1879 du code civil prévoit que les engagements du prêteur passent à ses héritiers : ceux-ci ne peuvent pas faire comme si le prêt n'existait pas. Toutefois, pour un logement prêté sans terme convenu, la Cour de cassation admet que le prêteur y mette fin à tout moment, sous réserve d'un préavis raisonnable.
Si l'occupant versait une somme en contrepartie, même faible, la situation peut relever d'un bail, avec ses propres règles de transfert au décès. Avant d'écrire à l'occupant, réunissez tout ce qui éclaire la nature de l'occupation : écrits, relevés de virements ou absence de virements, témoignages. C'est ce dossier qui détermine la marche à suivre. Il servira aussi devant le juge si l'occupant conteste la fin de l'hébergement.
Comment obtenir le départ sans faute de procédure ?
Adressez d'abord une lettre recommandée qui met fin à l'hébergement et fixe une date de départ raisonnable. Conservez une copie de la lettre et l'avis de réception. Si l'occupant reste, les héritiers saisissent le juge, qui peut ordonner l'expulsion et fixer une indemnité d'occupation. Suivent le commandement de quitter les lieux, en principe deux mois, les éventuels délais accordés par le juge, d'un mois à un an, et la trêve hivernale : un proche installé avec l'accord du défunt n'est pas un squatteur.
Les héritiers ne doivent jamais agir eux-mêmes. Vider la maison, changer les serrures ou couper les compteurs est puni de trois ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Après un deuil, une médiation familiale aboutit souvent mieux qu'une assignation, et laisse la porte ouverte à un accord sur la date de départ.
La maison peut-elle être vendue avec l'occupant ?
Oui, si les héritiers ont le pouvoir de vendre et que l'acheteur est informé de l'occupation et des démarches en cours. La promesse précise qui poursuit la procédure après la vente. Un acheteur particulier renonce généralement à une maison qu'il ne peut ni visiter librement ni habiter à une date connue : c'est ce qui fige de nombreuses successions. Les héritiers peuvent aussi attendre l'issue de la procédure, en continuant d'assumer les charges du bien. Le dossier remis à l'acheteur comprend l'acte de notoriété, la lettre de fin d'hébergement et les actes de procédure déjà délivrés.
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Questions fréquentes
Le proche doit-il payer tant qu'il occupe la maison ?
Une fois l'hébergement terminé et la date de départ passée, les héritiers peuvent demander au juge de fixer une indemnité d'occupation, en plus de l'expulsion. Conservez la preuve de la date à laquelle vous avez mis fin à l'hébergement.
La trêve hivernale protège-t-elle ce proche ?
En principe, oui. Elle ne bénéficie pas aux personnes entrées dans les lieux par voie de fait, mais un proche installé avec l'accord du défunt n'en fait pas partie. Une expulsion ordonnée sera donc reportée entre le 1er novembre et le 31 mars.
Les héritiers peuvent-ils déménager les affaires de l'occupant ?
Non. Seul un commissaire de justice, muni d'une décision d'expulsion, peut faire sortir l'occupant et ses biens. Agir soi-même expose à des poursuites pénales, même lorsque l'occupant n'a aucun droit de rester dans la maison.
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Sources officielles
Les règles citées sur cette page proviennent des textes et des services publics suivants :
- Service-public.fr — Quels sont les droits du conjoint sur le logement du défunt ?
- Articles 763 à 766 du code civil (droit au logement temporaire et viager du conjoint)
- Articles 1875 à 1891 du code civil (prêt à usage, ou commodat)
- Cour de cassation, 1re chambre civile, 3 février 2004, n° 01-00.004 (fin du prêt à usage)
- Articles L. 412-1 à L. 412-8 du code des procédures civiles d'exécution (expulsion des lieux habités)
- Article 226-4-2 du code pénal (expulsion sans le concours de l'État)
Rédigé par l'équipe de Vendez Tranquille, marchand de biens en Île-de-France. Dernière mise à jour : .
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