Un héritier a avancé tous les frais de la maison : comment se faire rembourser au partage ?

L'article 815-13 du code civil distingue deux cas. Les dépenses nécessaires à la conservation du bien, payées avec vos deniers, doivent vous être remboursées même si elles n'ont pas augmenté sa valeur. Les travaux d'amélioration sont pris en compte selon l'équité, d'après la plus-value qu'ils apportent au jour du partage ou de la vente. Conservez chaque facture.

Que dit exactement l'article 815-13 du code civil ?

Le texte prévoit deux règles. D'abord, lorsqu'un indivisaire a amélioré à ses frais l'état d'un bien indivis, il doit lui en être tenu compte selon l'équité, en fonction de l'augmentation de valeur du bien au moment du partage ou de la vente. Ensuite, il doit lui être tenu compte des dépenses nécessaires qu'il a faites de ses deniers personnels pour conserver le bien, même si elles ne l'ont pas amélioré.

L'article ajoute la règle inverse : l'indivisaire répond des dégradations qui ont diminué la valeur du bien par son fait ou par sa faute. Concrètement, l'héritier qui a fait refaire une toiture qui fuyait, payé l'assurance ou remplacé une chaudière hors d'usage peut faire valoir ces sommes. Celui qui a laissé la maison se dégrader alors qu'il l'occupait peut, à l'inverse, devoir en répondre. Le juge apprécie au cas par cas, à partir des pièces fournies.

Quelles dépenses comptent, et lesquelles ne comptent pas ?

Entrent en principe dans les dépenses de conservation celles qui empêchent le bien de se dégrader ou de périr : réparation de toiture, mise hors d'eau, remplacement d'une installation défaillante, assurance, taxe foncière payée pour tous. Les travaux d'amélioration, eux, apportent une valeur nouvelle : extension, rénovation complète d'une cuisine, isolation.

Deux points limitent les demandes. Le remboursement des améliorations dépend de la plus-value constatée au jour du partage ou de la vente, pas du montant dépensé : un chantier coûteux qui n'augmente guère la valeur rapporte peu. Et le texte vise des dépenses payées de vos deniers : le temps que vous avez passé à travailler vous-même sur la maison n'est pas une dépense au sens de cet article. Faites qualifier chacune de vos dépenses par le notaire avant le partage, pièces à l'appui.

Comment faire valoir ses avances au moment du partage ou de la vente ?

Rassemblez un dossier complet : factures à votre nom, relevés bancaires prouvant le paiement, avis de taxe foncière, échanges avec les autres héritiers. Remettez-le au notaire avec un tableau récapitulatif daté. Sans preuve de paiement sur vos fonds personnels, la demande sera difficile à défendre. Distinguez dans ce tableau les dépenses de conservation et les travaux d'amélioration, qui ne suivent pas la même règle.

Le notaire intègre ces sommes dans le compte d'indivision : elles viennent s'ajouter à votre part lors du partage, ou sont prélevées sur le prix avant répartition en cas de vente. Si l'héritier qui a avancé les frais occupait seul la maison, le notaire mettra en face l'indemnité d'occupation qu'il peut devoir aux autres en application de l'article 815-9. Les deux comptes se compensent souvent, ce qui évite bien des malentendus quand chacun voit le calcul complet.

Que faire si les autres héritiers contestent ?

Commencez par proposer un accord écrit sur le montant à rembourser, idéalement préparé par le notaire. La plupart des désaccords portent sur la nature d'une dépense ou sur la plus-value réelle d'un chantier, pas sur le principe.

À défaut d'accord, le différend se règle dans le cadre du partage judiciaire, devant le tribunal, ce qui prend du temps et coûte des frais d'avocat. Une vente amiable du bien, avec mise sous séquestre du prix chez le notaire en attendant l'accord sur les comptes, permet souvent d'arrêter les frais sans renoncer à vos droits. Pour la marche à suivre, consultez notre guide pour vendre une maison héritée en indivision. Nous achetons pour notre propre compte en Île-de-France, y compris des biens en cours de succession. Nous étudions gratuitement votre dossier et répondons sous 48 heures ; si le bien correspond à notre activité, une visite puis une offre ferme écrite suivent, sans condition suspensive de prêt.

Vous réfléchissez à l'avenir d'un bien hérité ?

Que la succession soit en cours ou déjà réglée, nous pouvons étudier un rachat direct du bien, sans commission, au rythme de la famille. Laissez vos coordonnées : nous vous rappelons sous 24 h ouvrées, pour échanger, sans engagement.

Étude gratuite, réponse sous 48 h, aucun engagement. Vos données servent uniquement à vous recontacter au sujet de ce bien. En savoir plus. Vous préférez appeler ? 06 95 85 91 41.

Questions fréquentes

Puis-je me faire rembourser la taxe foncière que j'ai payée pour tous ?

En principe oui : la taxe foncière d'une maison en indivision incombe à tous les indivisaires. Payée sur vos fonds personnels, elle doit être portée à votre crédit dans le compte d'indivision. Gardez l'avis et la preuve du paiement, et transmettez-les au notaire.

Mes travaux de rénovation me seront-ils remboursés à hauteur de leur coût ?

Pas forcément. Pour une amélioration, la loi retient l'équité et l'augmentation de valeur du bien au jour du partage ou de la vente, non la somme dépensée. Seules les dépenses nécessaires à la conservation sont prises en compte même sans gain de valeur.

Faut-il l'accord des autres héritiers avant de payer une réparation ?

Pas pour une mesure nécessaire à la conservation du bien. L'article 815-2 du code civil permet à chaque indivisaire de la prendre seul, même sans urgence, et d'obliger les autres à contribuer. Prévenez-les tout de même par écrit, devis à l'appui, pour éviter toute contestation.

À lire aussi

Sources officielles

Les règles citées sur cette page proviennent des textes et des services publics suivants :

Information générale, pas un conseil juridique. Ce guide présente des règles générales à la date indiquée ; il ne constitue ni une consultation juridique, ni un conseil fiscal ou financier, et ne tient pas compte de votre situation particulière. Les textes et leur interprétation peuvent évoluer. Avant toute décision, consultez un notaire, un avocat ou l'ADIL de votre département. PATHFINDER STUDIO (FAMILY), SAS est un acheteur immobilier, non un professionnel du droit, et décline toute responsabilité quant à l'usage fait de ces informations.

Rédigé par l'équipe de Vendez Tranquille, marchand de biens en Île-de-France. Dernière mise à jour : .

Et si on en parlait simplement ?

Décrivez-nous votre bien en dix minutes, au téléphone ou en ligne. Étude gratuite de votre dossier, réponse franche sous 48 h, aucun engagement : vous restez libre du début à la fin.

Appeler Faire étudier